A quand une place Jacques Brel...
à Vierzon.... ?
VierZoul
Vierzon (c'est le départ) ...Vesoul (c'est fait) ...Honfleur (c'est fait) ... Hambourg... AnversE (c'est fait)... Paris (c'est fait)... Dutronc... le mont Valérien... le Cantal... Byzance... Pigalle... la gare Saint-Lazare
à Vierzon.... ?
"C'est avec plaisir que la Ville de Vesoul vous accueillera lors d'une réception donnée en
votre honneur, salle du conseil municipal, le samedi 4 avril, à 11h30."
Son rêve, à Daniel, était simple : retourner aux origines
de son tracteur, là où il fut construit. Et il le fit ! Daniel et son tracteur SFV (Société Française de Vierzon) ont foulé l'esplanade de la Société-Française de Vierzon, un vaste bâtiment à
structures métalliques dont les façades, entièrement restaurées, sont classées depuis plusieurs années à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Ce tracteur était
enterré depuis une trentaine d’années, probablement tombé en panne au milieu du champ. Quand le petit-fils de cet ancien agriculteur labourait, l’engin avait une fâcheuse tendance à l’enfoncer un
peu plus. Il n’avait plus de roues, on ne voyait ni le pont, ni l’essieu avant, ni les volants moteurs… Un arbre avait poussé à travers,
Daniel apprit qu’un ferrailleur était venu le voir. Heureusement, il a dit aussi qu’il y avait trop de travail pour le sortir de là, afin de le découper au chalumeau ! Daniel a fait le terrassier. Souvent, il est passé pour un fou. Un an de travail pour le dégripper, le démonter, le redresser et nettoyer avec toujours, ce petit espoir de pouvoir un jour le remettre en route…
C’est encore là, explique Daniel, que « je me suis rendu compte que l’on savait faire du bon matériel à Vierzon. Je ne pouvais pas avoir ce tracteur sans savoir d’où il venait et ce qu’il avait fait durant toutes ces années. J’ai voulu faire œuvre utile et faire du bien. »
En 2004, les élus de Troyes lui demandent, pour le Téléthon, de trouver un véhicule pour promener un orchestre et des enfants dans la ville afin de récolter des dons. « Récolter et moissonner ! Voilà les mots qui m’ont interpellé. » Ce « Société Française » qui ne fait plus de moisson de grains était encore largement capable de faire des moissons d’argent…
« Avec Daniel Van de Geuchte, un copain de toujours, nous sommes allés emprunter à un cultivateur une grande remorque à quatre roues. Nous y avons installé des ballots de paille et des sièges pour les enfants. Nous sommes arrivés inquiets avec cet ensemble quelque peu désuet… Mais quel accueil chaleureux avons nous reçu ! J’étais vraiment ému de voir tant de personnes Le regarder, L’écouter et d’en parler comme si c’était hier. Nous avons tourné deux jours sans problème. Entre-temps, j’ai pu correspondre avec une philatélistes de Vierzon pour avoir des renseignements sur ce qu’avait été cette « Société Française ».
En 2006, pour le vingtième Téléthon, Daniel a une idée, ou plutôt un
défi : relier Vierzon depuis Troyes ! Ramener, 55 ans après, ce 302 dans sa ville natale en récoltant des dons dans
les villes et villages du trajet. Il le fit (à suivre).
Jour J-27

Il s'agit d'un livret à l'intérieur duquel on retrouvera les paroles de ta chanson,
une biographie te concernant, une brève histoire de la chanson Vesoul et une page consacrée à chaque lieu de la chanson.
Daniel Donin de Rosière qui a restauré un tracteur 302 « Société Française Vierzon », l’a déjà fait roulé
de Troyes à Vierzon, en 2006, à l’occasion du Téléthon.
Cette fois, sur les traces de Jacques BREL, il va effectuer le trajet Troyes – Vesoul : il a voulu voir Vierzon,
il veut voir Vesoul !
Cette nouvelle aventure se déroulera le vendredi 3 avril, de 5 heures du matin à 21 heures le soir, avec une
arrivée officielle attendue vers 10 heures, le samedi 4 avril, place Jacques Brel à Vesoul, suivie d'une réception officielle en mairie de Vesoul à 11h30 avec une délégation de Troyes
(Daniel Donin de Rosière évidemment et ses amis, Christian Petit « Brel, trente ans déjà ! », entre autre) et une
délégation vierzonnaise composée d'une vingtaine de personnes dont le maire de Vierzon, des membres de l'association Ciné Rencontres, du cercle philatélique de Vierzon, de la Mémoire industrielle
et agricole du pays de Vierzon etc.)
Si vous souhaitez saluer Daniel sur son passage (vous en aurez le temps : il ne roule qu’à 20 km/h !) ou même le rejoindre sur le parcours, en vélo
ou… en tracteur, pourquoi pas, vous pouvez l’appeler au 06 43 45 44 64, et convenir avec lui d’une rencontre.
L’équipe du spectacle « Brel, trente ans déjà ! », qui soutient la démarche de Daniel, est à votre disposition
pour tout renseignement complémentaire :
christianpetit@wanadoo.fr
Découvrez la première vidéo de cette aventure :
http://www.dailymotion.com/breltrenteansdeja
Chair de tôle
(extrait du livre "Ma Française")
Il est revenu. Cinquante-deux ans après. Mais il est revenu. Avec
Daniel derrière son volant comme on se promène, main dans la main. Daniel Donin de Rosière a pourcouru les deux cent cinquante kilomètres qui séparent Troyes de Vierzon. Depuis qu'il a découvert
son tracteur, à moitié enterré dans un champ, une seule diée le domine : ramener l'engin sur les lieux de sa naissance. Il l'a fait. Un jour de Téléthon 2006, Daniel est parti sur les routes. Une
tendre rage au ventre. Son 302 au coeur. Un but en tête. Daniel est un doux dingue. C'est un poète de la mécanique. Le tracteur a le rythme en lui. Il pourrait écrire des vers comme on écrit une
belle histoire. Daniel est arrivé, la voix cassée et l'oeil humide, le geste sûr, l'esprit pressé. Il a mené son engin comme on monte des marches célèbres. Les voici qu'ils arrivent, sur la vaste
esplanade.
Depuis 1951, bien sûr, tout a changé. Sauf le... nom ! La Française. Il s'est garé
devant la grande nef dominatrice, celle qui permit d'assoir le succès de son créateur. Elle paraît gigantesque mais pas autant qu l'énergie invisible que Daniel a dilué dans l'air, dans ses
poignées de main, dans ses sourires, dans son émotion. Le 302 n'a pas eu cette chair de tôle que Daniel a ressentie en venant jusqu'ici. Car il n'y a qu'ici que Daniel a trouvé la profondeur
d'un passé qu'il n'a pas connu. Puis il est reparti. Comme il était venu. Sur son tracteur. Le geste sûr. L'esprit serein. Le coeur rempli. Il reviendra. Il reviendra c'est sûr parce qu'à
Vierzon, il sait y trouver ce qu'il n'aurait jamais pensé trouver. Une vibration plus forte que le moteur du 302. Et qui, il le sait désormais, ne s'arrêtera jamais de serpenter en
lui...
... Jusqu'à Vesoul maintenant. Il fallait s'y attendre. S'attendre que Vierzon que donne envie de Brel et Brel de Vesoul, d'Honfleur, d'Anvers,
d'Hambourg....
Villes et villages traversés sur le fil
de la nationale 19
Lusigny-sur-Bars; La Villeneuve au Chêne; Vendeuvre sur Barse; Magny Fouchard; Dolancourt; Jaucourt; Provervil; Lignol le
Château; Colombey les deux églises; Juzennecourt; Blaisy; Jonchery; Chaumont; Luzy sur Marne; Foulain; Marnay sur
Marne; Vesaignes sur Marne; Chanoy; Humes Jorquenay; Langres; Fayl Billot; La Quarte;
Cintrey; Malvillers; Gourgeon; Combeaufontaine; La
Neuvelle les Scey; Scey sur Saône; Chassey les Scey; Pontcey;Montigny les Vesoul; Vaivre et Montoille; Vesoul
J-3
L'aventure de Daniel Donin de Rosière relayée sur : http://avmm.over-blog.com/
Jour J-1
Eh ! Grand Jacques, continues à nous
donner ce courage, cette force, cette exitation pour aller te voir, ne nous lâches pas maintenant ! On arrive dans l'une des dernières lignes droites et même si c'est pas mal de boulot, si
c'est pas droit, si je pense que j'aurai pu faire mieux : éh bien, saches que, sans le savoir, c'est toi qui m'as fait connaître toutes ces personnes de grande valeur qui m'ont aidé et que,
finalement, avec des caractères différents, on a regardé dans la même direction : LA TIENNE. Alors Merci, Monsieur BREL !
Daniel Donin de Rosière.
Quelques heures avant d'embarquer sur son Société Française Vierzon, son fidèle 302 pour de Troyes, rejoindre, 230 kilomètres et trente villages
traversés plus tard, Vesoul. Pour un accueil historique.
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours
Et je te le dis
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéeon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
T'as plus aimé Paris
Et on a quité Paris
T'as plus aimé Dutronc
Et on a quitté Dutronc
Maintenant je confonds ta sœur
Et le mont Valérien
De ce que je sais d'Hortense
J'irai plus dans l'Cantal
Et tant pis pour Byzance
Puisque j'ai vu Pigalle
Et la gare Saint-Lazare
C'est cher et ça fait mal
Au hasard
Et je te le redis chauffe Marcel
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens kaï kaï
Le voyage est fini
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon... chauffe... chauffe
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours ... Chauffez les gars
Mais mais je te le reredis ... Kaï
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Enfin ! La ville s’endormait et j’en oublie le nom. Mais non. On n’oublie rien, on n’oublie rien du tout, on n’oublie rien de rien, on s’habitue c’est tout. Ni ces départs, ni ces navires, ni ces voyages qui nous chavirent, de paysages en paysages et de visages en visages…
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. De près. De
l’intérieur. Pour mettre un contenu dans un nom propre, des arêtes et des toits autour d’une ville abstraite. Je suis arrivé mais pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi déjà et où aller,
n’ai-je jamais rien fait d’autres qu’arriver par la nationale 20. La route de mes tournées avait parfois le goût des chemins de traverse. Je ne sais pas pourquoi la route qui me pousse vers la
cité, a l’odeur froide des déroutes de peuplier en peuplier.
J’ai aperçu le panneau « Vierzon », avec ses lettres noires dans son rectangle blanc aux bords rouges. Et j’ai souri. Et j’ai pris conscience aussi
des conséquences de ma chanson, de ce quelle a permis de Vierzonner Vierzon, vous savez, comme Bruxelles bruxellait. J’ai suivi la route jusqu’à user sa pente, dans le centre de cette ville. Je
n’ai pas vu de cathédrales pour uniques montagnes, et de noirs clochers comme mâts de cocagne. En creusant ma balade dans la tendresse de l’été, j’ai eu cette surprise de caresser un canal. Pour
une fois celui-ci ne s’était ni perdu, ni pendu. Il y a des évidences qu’une chanson éternise.
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. J’ai quadrillé la ville pour remplir de ce qu’elle est dans ce que j’ai du, un instant, l’imaginer
en la nommant. Je ne sais pas pourquoi ces rues s’ouvrent devant moi une à une, je ne sais pas pourquoi la ville m’ouvre ses remparts de faubourgs, pour me laisser glisser fragile, sous la pluie
parmi mes amours. Et je me suis assis, quelque part que je ne sais pas nommer, sur une place vibrante d’air chaud où pas même ne paraît un chien. J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Comme un parfait inconnu qui n’a aucun bagage à poser mais seulement des chansons que j’aurais
pu chanter. Je suis passé devant le théâtre, dommage il était fermé. Mais il était trop tard, peut-être, aussi, pour chanter « Tas voulu voir Vierzon » comme une explication, à Vierzon.
Allez, on m’attend quelque part comme on attend le roi. Mais on ne m’attend point. Je sais depuis déjà que l’on meurt de hasard en allongeant le pas. J’ai
allongé le mien jusque dans les recoins où ma chanson a pu se glisser pour la remplir des souffles de cette ville que je ne connaissais pas. Car je peux bien le dire maintenant, je n’en
connaissais rien. Ni ses airs de sous-préfecture fêtant la sous-préfète, ni ses histoires murmurées, ni ce succès… un peu ma faute ou grâce à moi ? Allez, ce n’est pas que je
n’aime plus Vierzon que je le quitte, j’ai de la route jusqu’à Vesoul, Honfleur, Hambourg, Anvers et ses faubourgs. Et je dois passer voir Hortense, et voir Byzance, et la gare Saint Lazare.
Chauffe, chauffe, chauffe, Marcel.
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