A quand une place Jacques Brel...

 

à Vierzon.... ?

 

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Troyes-Vesoul... Vierzon en tracteur





"C'est avec plaisir que la Ville de Vesoul vous accueillera lors d'une réception donnée en votre honneur, salle du conseil municipal, le samedi 4 avril, à 11h30."

Il n'est jamais trop tard...

Pour la première fois de son histoire, Vierzon intimement liée à ta chanson Vesoul sera reçue à la mairie de la Préfecture de Haute-Saône. Il était temps de commencer à lier les deux villes-phares de ta chanson que tu as mis, sans le faire exprès, j'en conviens et j'en suis même sûr, à dos... A dos parce que si la chanson porte le nom de Vesoul, c'est tout de même Vierzon que tu cites en premier... Mais c'est Vesoul qui a su en tirer tous les bénéfices, en comprenant plus rapidement que les autres, l'importance de ta notoriété.


       Vierzon sera donc reçue en mairie de Vesoul... Un lien certes invisible liera un peu plus ces deux villes bréliennes. Mais l'idée de cette rencontre qui devait de toute façon avoir lieu un jour ou l'autre, a une autre origine. Daniel Donin de Rosière habite à Troyes. Il possède un tracteur fabriqué à Vierzon, dans les anciennes usines de la Société-Française. En 2007, Daniel décide de relier sa ville de Troyes à Vierzon, sur son tracteur, pour une bonne cause, celle du Téléthon.

       Son rêve, à Daniel, était simple : retourner aux origines de son tracteur, là où il fut construit. Et il le fit ! Daniel et son tracteur SFV (Société Française de Vierzon) ont foulé l'esplanade de la Société-Française de Vierzon, un vaste bâtiment à structures métalliques dont les façades, entièrement restaurées, sont classées depuis plusieurs années à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
C'est entendu. La Française, à Vierzon, fait donc partie du patrimoine...

       Mais toi, dans tout ça, ne fais-tu pas partie, toi aussi, du patrimoine vierzonnais? N'as-tu pas contribué à véhiculer , en dehors d'une bonne image de la ville de Vierzon. On se demande d'ailleurs bien pourquoi certains on vu un côté péjoratif dans tes paroles, car dès-lors qu'elles ne le sont ni pour Vesoul, Honfleur, Hambourg ou Paris, pourquoi l'auraient-elles été spécifiquement pour Vierzon ? N'est-ce pas grâce à toi que la ville est connue et qu'aujourd'hui encore, c'est inévitable, on chante T'as voulu voir Vierzon quand on parle de... Vierzon ?

       Daniel a donc eu l'idée, pour la cause brélienne, de relier cette fois-ci sa ville de Troyes et Vesoul. Car un tracteur de Vierzon sur la place Jacques Brel à Vesoul, voilà tout un symbole qu'il ne faut pas rater. Et si à Vierzon, Vesoul est intimement liée à ta chanson, à Vesoul, Vierzon est intimement liée aux... tracteurs ! Comme quoi, la perception des choses varie selon des critères purement géographiques.

       Car Vesoul est par excellence une terre brélienne mais pourquoi le serait-elle plus que Vierzon ? Par intelligence. Par le simple fait d'être plus intelligente et d'avoir compris que si tu n'étais pas LA cause principale de la renommée de Vesoul, tu y avais contribué fortement, tu y contribues encore et que ce n'est pas fini, qu'ils font leurs petites affaires, avec leurs  p'tits chapeaux, avec leur p'tits manteaux, avec leurs p'tites autos...


       Daniel parcourera un peu plus de deux cents kilomètres, aller, le vendredi 3 avril pour rejoindre, le lendemain, 4 avril, la place Jacques Brel sur son tracteur Vierzon. Il se prépare activement à ce voyage insolite et nous avec. Car quarante-et-un ans après la chanson Vesoul, trente-et-un ans après ta disparition, quatre-vingt ans après ta naussance (un 8 avril 1929), Vierzon sera  (ENFIN) reçue à la mairie de Vesoul.

       Le 8 avril, à Vierzon cette fois-ci, pour l'anniversaire de ta naissance (ai-je déjà dit, oui je l'ai déjà dit mais je le répète alors, que tu es né un 8 avril et que le grand Vierzon, c'est-à-dire la fusion de quatre communes Vierzon-Ville, Vierzon-Villages, Vierzon-Bourgneuf et Vierzon-Forges en une seule, date d'un 8 avril également...), il y aura un hommage particulier dont nous reparlerons. En attendant, quarante ans après avoir été réunies dans une chanson, Vesoul et Vierzon seront réunies physiquement le 5 avril. Une étape dans le long processus qui consiste désormais à unir physiquement tous les lieux de la chanson...

Jour J-29 
                                          
Le 4 avril, enfin, Vierzon mettra officiellement un pied à Vesoul. Quarante-et-un ans après la naissance de ta chanson, Vesoul, les deux villes se regarderont dans les yeux. 
       Une délégation vierzonnaise sera reçue à la mairie de Vesoul. Mais les préparatifs se concentrent surtout sur le "voyage" que Daniel Donin de Rosières va entreprendre : relier Troyes, sa ville, à Vesoul, ville brélienne par excellence comme il l'avait fait en 2006, mais en reliant Troyes à Vierzon, sur son tracteur Société Française, sorti des usines du même nom, de Vierzon.
Environ 220 kilomètres séparent Troyes de Vesoul (Daniel devrait mettre entre douze et treize heures) mais l'éloignement est beaucoup plus important si l'on  considère l'indifférence chronique de Vierzon envers ta chanson. 

       Ce sera vraiment une première étape. Une première pierre. Une première approche. Le début d'un tracé géographique qui, on l'espère, nous menera plus loin. Plus loin, à Honfleur, à Anvers, à Hambourg, à la gare Saint-Lazare... Concrétiser physiquement ce parcours qui, quarante-et-un ans plus tard, devient aujourd'hui initiatique.

     Pour la petite histoire et pour le hasard, il faut savoir que DanielDonin de Rosière 
 a recherché les deux anciens propriétaires encore vivants du tracteur, un S F V 302 de Avril 1951, 27 CV  N° Chassis 6294 . Ce dernier  a changé deux fois de départements et il est  venu, neufde Vierzon, le 8 avril 1951. Décidemment, un 8 avril : le jour de ta naissance (1929) et le jour de la création du Grand Vierzon (1937), né de la fusion de quatre communes indépendantes : Vierzon-Villages, Vierzon-Forges, Vierzon-Bourgneuf et Vierzon-Ville.



Jour J-28

   
       Ce tracteur était enterré depuis une trentaine d’années, probablement tombé en panne au milieu du champ. Quand le petit-fils de cet ancien agriculteur labourait, l’engin avait une fâcheuse tendance à l’enfoncer un peu plus. Il n’avait plus de roues, on ne voyait ni le pont, ni l’essieu avant, ni les volants moteurs… Un arbre avait poussé à travers,

 

     Daniel apprit qu’un ferrailleur était venu le voir. Heureusement, il a dit aussi qu’il y avait trop de travail pour le sortir de là, afin de le découper au chalumeau ! Daniel a fait le terrassier. Souvent, il est passé pour un fou.  Un an de travail pour le dégripper, le démonter, le redresser et nettoyer avec toujours, ce petit espoir de pouvoir un jour le remettre en route…

 

     C’est encore là, explique Daniel, que « je me suis rendu compte que l’on savait faire du bon matériel à Vierzon. Je ne pouvais pas avoir ce tracteur sans savoir d’où il venait et ce qu’il avait fait durant toutes ces années. J’ai voulu faire œuvre utile et faire du bien. »

 

     En 2004, les élus de Troyes lui demandent, pour le Téléthon, de trouver un véhicule pour promener un orchestre et des enfants dans la ville afin de récolter des dons. « Récolter et moissonner ! Voilà les mots qui m’ont interpellé. » Ce « Société Française » qui ne fait plus de moisson de grains était encore largement capable de faire des moissons d’argent…

 

     « Avec Daniel Van de Geuchte, un copain de toujours, nous sommes allés emprunter à un cultivateur une grande remorque à quatre roues. Nous y avons installé des ballots de paille et des sièges pour les enfants. Nous sommes arrivés inquiets avec cet ensemble quelque peu désuet… Mais quel accueil chaleureux avons nous reçu ! J’étais vraiment ému de voir tant de personnes Le regarder, L’écouter et d’en parler comme si c’était hier. Nous avons tourné deux jours sans problème. Entre-temps, j’ai pu correspondre avec une philatélistes de Vierzon pour avoir des renseignements sur ce qu’avait été cette « Société Française ».

 

     En 2006, pour le vingtième Téléthon, Daniel a une idée, ou plutôt un défi : relier Vierzon depuis Troyes ! Ramener, 55 ans après, ce 302 dans sa ville natale en récoltant des dons dans les villes et villages du trajet. Il le fit (à suivre).


Jour J-27


                                          

C'est sans doute un peu fou mais de Vierzon, notre visite à Vesoul, le 4 avril, ne sera qu'une étape dans le cheminement brélien qui nous attend.
Je sais, il a fallu attendre quarante ans, plus de quarante ans même après les premières diffusions de ta chanson Vesoul pour que Vierzon mesure l'ampleur de ce qu'elle  déclenché. Peu importe le temps perdu, ce qui compte aujourd'hui, c'est le temps à prendre, sorte de revanche sur le vide sidéral qui a suivi la notoriété de ta chanson. L'idée précise est, qu'à partir de Vierzon, nous puissions cheminer dans tous les lieux de Vesoul, et qu'à partir de Vierzon, on puisse ainsi rayonner d'une façon originale.

       En plus de l'arbre à panneaux qui verra le jour, c'est une évidence (cet arbre à panneaux indiquera, à partir de Vierzon, le nombre de kilomètres qui nous sépare de Vesoul, Honfleur, Anvers, Hambourg, la gare Saint-Lazare etc.), j'ai également l'idée de créer un passeport (symbolique) intitulé
T'as voulu voir...

Il s'agit d'un livret à l'intérieur duquel on retrouvera les paroles de ta chanson, une biographie te concernant, une brève histoire de la chanson Vesoul et une page consacrée à chaque lieu de la chanson.
Le but étant que les touristes puissent faire "tamponner" leur passeport à chaque fois qu'ils se rendent dans un lieu de la chanson. Ce sera le fil conducteur entre Vierzon et toutes les autres villes que tu as couché sur l'accordéon de Marcel Azzola. D'autres idées arrivent. Je les entends...


A lire :


http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=18&num=1149912




Jour J-7

       
       Daniel Donin de Rosière qui a restauré un tracteur 302 « Société Française Vierzon », l’a déjà fait roulé de Troyes à Vierzon, en 2006, à l’occasion du Téléthon.
       Cette fois, sur les traces de Jacques BREL, il va effectuer le trajet Troyes – Vesoul : il a voulu voir Vierzon, il veut voir Vesoul !
       Cette nouvelle aventure se déroulera le vendredi 3 avril, de 5 heures du matin à 21 heures le soir, avec une arrivée officielle attendue vers 10 heures, le samedi 4 avril, place Jacques Brel à Vesoul, suivie d'une réception officielle en mairie de Vesoul à 11h30 avec une délégation de Troyes (Daniel Donin de Rosière évidemment et ses amis, Christian Petit « Brel, trente ans déjà ! », entre autre) et une délégation vierzonnaise composée d'une vingtaine de personnes dont le maire de Vierzon, des membres de l'association Ciné Rencontres, du cercle philatélique de Vierzon, de la Mémoire industrielle et agricole du pays de Vierzon etc.) 

       Si vous souhaitez saluer Daniel sur son passage (vous en aurez le temps : il ne roule qu’à 20 km/h !) ou même le rejoindre sur le parcours, en vélo ou… en tracteur, pourquoi pas, vous pouvez l’appeler au 06 43 45 44 64, et convenir avec lui d’une rencontre.


       L’équipe du spectacle « Brel, trente ans déjà ! », qui soutient la démarche de Daniel, est à votre disposition pour tout renseignement complémentaire :
 
christianpetit@wanadoo.fr


Découvrez la première vidéo de cette aventure :

http://www.dailymotion.com/breltrenteansdeja



Chair de tôle
(extrait du livre "Ma Française")

Il est revenu. Cinquante-deux ans après. Mais il est revenu. Avec Daniel derrière son volant comme on se promène, main dans la main. Daniel Donin de Rosière a pourcouru les deux cent cinquante kilomètres qui séparent Troyes de Vierzon. Depuis qu'il a découvert son tracteur, à moitié enterré dans un champ, une seule diée le domine : ramener l'engin sur les lieux de sa naissance. Il l'a fait. Un jour de Téléthon 2006, Daniel est parti sur les routes. Une tendre rage au ventre. Son 302 au coeur. Un but en tête. Daniel est un doux dingue. C'est un poète de la mécanique. Le tracteur a le rythme en lui. Il pourrait écrire des vers comme on écrit une belle histoire. Daniel est arrivé, la voix cassée et l'oeil humide, le geste sûr, l'esprit pressé. Il a mené son engin comme on monte des marches célèbres. Les voici qu'ils arrivent, sur la vaste esplanade.
Depuis 1951, bien sûr, tout a changé. Sauf le... nom ! La Française. Il s'est garé devant la grande nef dominatrice, celle qui permit d'assoir le succès de son créateur. Elle paraît gigantesque mais pas autant qu l'énergie invisible que Daniel a dilué dans l'air, dans ses poignées de main, dans ses sourires, dans son émotion. Le 302 n'a pas eu cette chair de tôle que Daniel a ressentie en venant jusqu'ici. Car il n'y a qu'ici que Daniel a trouvé la profondeur d'un passé qu'il n'a pas connu. Puis il est reparti. Comme il était venu. Sur son tracteur. Le geste sûr. L'esprit serein. Le coeur rempli. Il reviendra. Il reviendra c'est sûr parce qu'à Vierzon, il sait y trouver ce qu'il n'aurait jamais pensé trouver. Une vibration plus forte que le moteur du 302. Et qui, il le sait désormais, ne s'arrêtera jamais de serpenter en lui...

... Jusqu'à Vesoul maintenant. Il fallait s'y attendre. S'attendre que Vierzon que donne envie de Brel et Brel de Vesoul, d'Honfleur, d'Anvers, d'Hambourg....


Villes et villages traversés sur le fil de la nationale 19
 

Lusigny-sur-Bars; La Villeneuve au Chêne; Vendeuvre sur Barse; Magny Fouchard; Dolancourt; Jaucourt; Provervil; Lignol le Château; Colombey les deux églises; Juzennecourt; Blaisy; Jonchery; Chaumont; Luzy sur Marne; Foulain; Marnay sur Marne; Vesaignes sur Marne; Chanoy; Humes Jorquenay; Langres; Fayl Billot; La Quarte; Cintrey; Malvillers; Gourgeon; Combeaufontaine; La Neuvelle les Scey; Scey sur Saône; Chassey les Scey; Pontcey;Montigny les Vesoul; Vaivre et Montoille; Vesoul

J-3

L'aventure de Daniel Donin de Rosière relayée sur : http://avmm.over-blog.com/


Jour J-1

Eh ! Grand Jacques, continues à nous donner ce courage, cette force, cette exitation pour aller te voir, ne nous lâches pas maintenant ! On arrive dans l'une des dernières lignes droites et même si c'est pas mal de boulot,  si c'est pas droit, si je pense que j'aurai pu faire mieux : éh bien, saches que, sans le savoir, c'est toi qui m'as fait connaître toutes ces personnes de grande valeur qui m'ont aidé et que, finalement, avec des caractères différents, on a regardé dans la même direction :  LA TIENNE.   Alors Merci, Monsieur BREL !

Daniel Donin de Rosière.


Quelques heures avant d'embarquer sur son Société Française Vierzon, son fidèle 302 pour de  Troyes, rejoindre, 230 kilomètres et trente villages traversés plus tard, Vesoul. Pour un accueil historique.



 

La vidéo d'AnversE

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Pour voir la vidéo d'AnversE, cliquez sur cette photo

Brel et le tracteur Vierzon

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Pour suivre l'aventure du tracteur de Vierzon (le 302 de Daniel Donin de Rosière) sur la route d'AnversE, cliquez sur la photo.

T'as voulu voir Vierzon...


 

 

VierZoul

T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours

T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours
Et je te le dis
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéeon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
T'as plus aimé Paris
Et on a quité Paris
T'as plus aimé Dutronc
Et on a quitté Dutronc
Maintenant je confonds ta sœur
Et le mont Valérien
De ce que je sais d'Hortense
J'irai plus dans l'Cantal
Et tant pis pour Byzance
Puisque j'ai vu Pigalle
Et la gare Saint-Lazare
C'est cher et ça fait mal
Au hasard

Et je te le redis chauffe Marcel
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens kaï kaï
Le voyage est fini
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon

T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours

T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon... chauffe... chauffe
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours ... Chauffez les gars

Mais mais je te le reredis ... Kaï
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard

J'ai voulu voir

J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Enfin ! La ville s’endormait et j’en oublie le nom. Mais non. On n’oublie rien, on n’oublie rien du tout, on n’oublie rien de rien, on s’habitue c’est tout. Ni ces départs, ni ces navires, ni ces voyages qui nous chavirent, de paysages en paysages et de visages en visages…

J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. De près. De l’intérieur. Pour mettre un contenu dans un nom propre, des arêtes et des toits autour d’une ville abstraite. Je suis arrivé mais pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi déjà et où aller, n’ai-je jamais rien fait d’autres qu’arriver par la nationale 20. La route de mes tournées avait parfois le goût des chemins de traverse. Je ne sais pas pourquoi la route qui me pousse vers la cité, a l’odeur froide des déroutes de peuplier en peuplier. 
       J’ai aperçu le panneau « Vierzon », avec ses lettres noires dans son rectangle blanc aux bords rouges. Et j’ai souri. Et j’ai pris conscience aussi des conséquences de ma chanson, de ce quelle a permis de Vierzonner Vierzon, vous savez, comme Bruxelles bruxellait. J’ai suivi la route jusqu’à user sa pente, dans le centre de cette ville. Je n’ai pas vu de cathédrales pour uniques montagnes, et de noirs clochers comme mâts de cocagne. En creusant ma balade dans la tendresse de l’été, j’ai eu cette surprise de caresser un canal. Pour une fois celui-ci ne s’était ni perdu, ni pendu. Il y a des évidences qu’une chanson éternise. 
        J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. J’ai quadrillé la ville pour remplir de ce qu’elle est dans ce que j’ai du, un instant, l’imaginer en la nommant. Je ne sais pas pourquoi ces rues s’ouvrent devant moi une à une, je ne sais pas pourquoi la ville m’ouvre ses remparts de faubourgs, pour me laisser glisser fragile, sous la pluie parmi mes amours. Et je me suis assis, quelque part que je ne sais pas nommer, sur une place vibrante d’air chaud où pas même ne paraît un chien. 
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Comme un parfait inconnu qui n’a aucun bagage à poser mais seulement des chansons que j’aurais pu chanter. Je suis passé devant le théâtre, dommage il était fermé. Mais il était trop tard, peut-être, aussi, pour chanter « Tas voulu voir Vierzon » comme une explication, à Vierzon.
       Allez, on m’attend quelque part comme on attend le roi. Mais on ne m’attend point. Je sais depuis déjà que l’on meurt de hasard en allongeant le pas. J’ai allongé le mien jusque dans les recoins où ma chanson a pu se glisser pour la remplir des souffles de cette ville que je ne connaissais pas. Car je peux bien le dire maintenant, je n’en connaissais rien. Ni ses airs de sous-préfecture fêtant la sous-préfète, ni ses histoires murmurées, ni ce succès… un peu ma faute ou grâce à moi ?
Allez, ce n’est pas que je n’aime plus Vierzon que je le quitte, j’ai de la route jusqu’à Vesoul, Honfleur, Hambourg, Anvers et ses faubourgs. Et je dois passer voir Hortense, et voir Byzance, et la gare Saint Lazare. Chauffe, chauffe, chauffe, Marcel.
 

 
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