A quand une place Jacques Brel...
à Vierzon.... ?
VierZoul
Vierzon (c'est le départ) ...Vesoul (c'est fait) ...Honfleur (c'est fait) ... Hambourg... AnversE (c'est fait)... Paris (c'est fait)... Dutronc... le mont Valérien... le Cantal... Byzance... Pigalle... la gare Saint-Lazare
à Vierzon.... ?
Berry Républicain
Dans la République
(La République)
(Berry Républicain)
Emprunté à : l'interview de l'auteur sur le site C4N
River, pour C4N: Bonjour Remy Beurion,
vous ètes déjà l'auteur de plusieurs livres, tous sur des sujets plutôt en rapport avec la ville de Vierzon. Vierzon c'est votre ville, votre credo, votre passion…
Rémy: Vierzon est la ville où je suis né, celle de Jacques Brel (T'as voulu voir Vierzon et on a vu Vierzon), celle des
tracteurs Vierzon, de la ligne de démarcation, du train, des autoroutes, bref, une ville universelle et intéressante, attachante aussi, qui n'a pas la réputation qu'elle mérite. C'est une ville
qui possède une histoire riche avec un potentiel très fort de patrimoine industriel sous-exploité. Aucune référence à Brel, aucune référence physique aux tracteurs de Vierzon qui ont fait et
font toujours la réputation de la ville. On a l'impression que le passé fait honte et qu'on cherche à inventer d'autres références vierzonnaises qui n'ont aucune racine. C'est en cela que
Vierzon est intéressant, c'est la bataille entre les Anciens et les Modernes; Qui aura raison, mystère....
River: V
comme ? Vierzon ou Vesoul, la chanson de Brel ? Un "Vierzon" vous a emmené à découvrir Vesoul, un rêve de gosse ? (rires) une quête, un impossible rêve enfin réalisé ?Rémy: V comme Vesoul, évidemment. Parce que la chanson de Jacques Brel est liée fortement à la ville comme elle peut l'être à Vesoul, Honfleur, AnversE (dans la Nièvre), des villes que nous avons visité en tracteur Vierzon, le 302 de Daniel Donin de Rosière. Oui c'est une quête de faire vivre Jacques Brel à Vierzon, qui n'a qu'une petite rue perdue à son nom et une promesse de place qui n'a toujours pas abouti. Certains osent prétendre que Brel a fait du mal à Vierzon mais c'est l'ignorance de Vierzon envers Brel qui a fait le plus de mal à la ville. C'est notre carte d'identité et Brel n'est pas n'importe qui ! C'est aussi un impossible rêve mais il reste des villes à visiter.
C'est aussi le V de victoire car l'écriture n'est pas une passion, c'est mon oxygène. Alors écrire sur Vierzon, sur Brel, sur les
tracteurs, un rêve....
River: I comme ? Icare…. Mais les pieds sur terre Rémy ?
Rémy: Ecrire c'est rêver, rêver c'est voler. Les sujets abordés dans "Vierzon de A à Z"
sont très terre à terre. D'autres livres suivront, disons plus dans la fiction que dans la réalité. Les Fous du Vierzon, chez Castor et Pollux (CHAUMONT - Haute Marne - ndlr), ont rassemblé des portraits de passionnés du
tracteur. "Ma Française" aux éditions la Bouinotte raconte l'histoire de la Société-Française à
travers mon expérience familiale et "Gueules de Zincs" aux éditions La Bouinotte est un recueil de textes écrits sur des photos de bistrots vierzonnais....
River: E comme ? Ecrivain. Vous définiriez-vous comme un écrivain? D'où vous vient cette passion pour l'écriture, vous qui
vivez au pays de George Sand et d'Alain Fournier ? Vous ètes journaliste de métier, mais est-ce un aboutissement ?
Rémy: Le journalisme est le prolongement de l'écriture pas la source. Si celui qui écrit
est un écrivain, alors je suis un écrivain puisqu'il faut mettre des mots sur des fonctions. Mais je ne le serai vraiment que lorsque (un impossible rêve) je serai capable de vivre
exclusivement de ma plume. Je suis géographiquement plus proche du territoire d'inspiration d'Alain Fournier (qui cite Vierzon d'ailleurs dans le Grand Meaulnes, il cite la gare où Augustin
Meaulnes arrive) que de George Sand. L'écriture ne vient pas, elle est en chacun de ceux qui écrivent, c'est ainsi. Elle pousse plus fort un jour et c'est là qu'on s'aperçoit qu'écrire est un
besoin. Ma maman m'a donné cette passion en me faisant écrire des poèmes... Après? tout s'est enchaîné.
Rémy: Jean Teulé pour les images de ses mots; Fred Vargas, pour les détails de ses
personnages et ses intrigues; Françoise Sagan, Boris Vian... Mais mon préféré des préférés, c'est Boris Vian.
Rémy: Oui, je parle des tracteurs à T comme tracteurs; je parle aussi de cette absence de
musée à I comme Il était une fois un musée... Il y a eu un musée jusque dans les années 1950. Dans les années 1960, la municipalité esquisse un projet. On l'attend toujours. L'actuelle
municipalité, redevenue communiste depuis 2008, ne veut pas entendre parler des tracteurs et du machinisme agricole, pas plus que de Brel d'ailleurs. Elle veut créer un musée de l'histoire
sociale en mettant en avant les grèves, les mouvements sociaux et les figures du Socialisme. Mais Vierzon ce n'est pas QUE cela, Vierzon c'est un nom qui circule chez 30.000 collectionneurs en
France. Et des tracteurs Vierzon, on en voit partout sauf... à Vierzon, un comble. Je ne comprends pas cet entêtement à aller contre le cours des choses. Un mystère de plus à Vierzon
!
Rémy: Il n'y a pas assez d'ouvrages sur Vierzon, pourtant, il y a tant à dire. Un livre passionnant est sorti sur l'histoire de l'école
nationale professionnelle par Claude Richoux et Jean-Claude Desbordes, (La Bouinotte - ndlr) cette école a accueilli des célébrités (lisez le livre !). Et puis, je l'ai dit,
Vierzon c'est ma ville, autant parler d'elle à travers les histoires qui la traversent. Le public doit être demandeur, on est toujours demandeur de l'histoire des lieux que l'on habite, enfin
je crois. Le dernier livre n'est pas provocateur... Ou alors dans les thèmes abordés car pour la première fois, dans un livre, on associe Vierzon à Brel, les tracteurs, Pulsar 80 (un festival
qui a mal fini), ainsi qu'à ses vrais visages. C'est le Vierzon originel, pas l'image d'un Vierzon qu'on veut modeler à d'autres fins. L'authenticité de Vierzon, on ne doit pas en avoir
honte.
Rémy: Au suivant... Un livre en préparation avec des photos d'une photographe extraordinaire de machines agricoles, carcasses de voitures et des dessins. Ce doit être pour octobre ou novembre... On devrait en reparler non ? J'écris des textes d'après ce que m'inspire les photos, un exercice que j'adore. Et les photos sont vraiment génialissimes. Il y aura aussi une surprise pour les inconditionnels des tracteurs Vierzon... Il y a d'autres livres en préparation dont un sur... Jacques Brel à partir de la chanson Vesoul.... Un projet qui me tient particulièrement à coeur.
Rémy Beurion, merci.
A novembre, donc, pour le prochain...
et à
- A ? art déco comme le parc de la ville ?
- C ? le festival du cirque ?
- M ? Mac-Nab ?
- D ? Denbac ?
- K ? comme Karcher ? Eugène-Henry Karcher
vous le saurez en vous procurant le livre.... dans toutes les bonnes librairies.
RÉSUMÉ du livre:
128 pages pour découvrir la ville au pont multicolore autrement qu'en "bouchonnant".
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours
Et je te le dis
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéeon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
T'as plus aimé Paris
Et on a quité Paris
T'as plus aimé Dutronc
Et on a quitté Dutronc
Maintenant je confonds ta sœur
Et le mont Valérien
De ce que je sais d'Hortense
J'irai plus dans l'Cantal
Et tant pis pour Byzance
Puisque j'ai vu Pigalle
Et la gare Saint-Lazare
C'est cher et ça fait mal
Au hasard
Et je te le redis chauffe Marcel
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens kaï kaï
Le voyage est fini
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon... chauffe... chauffe
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours ... Chauffez les gars
Mais mais je te le reredis ... Kaï
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Enfin ! La ville s’endormait et j’en oublie le nom. Mais non. On n’oublie rien, on n’oublie rien du tout, on n’oublie rien de rien, on s’habitue c’est tout. Ni ces départs, ni ces navires, ni ces voyages qui nous chavirent, de paysages en paysages et de visages en visages…
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. De près. De
l’intérieur. Pour mettre un contenu dans un nom propre, des arêtes et des toits autour d’une ville abstraite. Je suis arrivé mais pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi déjà et où aller,
n’ai-je jamais rien fait d’autres qu’arriver par la nationale 20. La route de mes tournées avait parfois le goût des chemins de traverse. Je ne sais pas pourquoi la route qui me pousse vers la
cité, a l’odeur froide des déroutes de peuplier en peuplier.
J’ai aperçu le panneau « Vierzon », avec ses lettres noires dans son rectangle blanc aux bords rouges. Et j’ai souri. Et j’ai pris conscience aussi
des conséquences de ma chanson, de ce quelle a permis de Vierzonner Vierzon, vous savez, comme Bruxelles bruxellait. J’ai suivi la route jusqu’à user sa pente, dans le centre de cette ville. Je
n’ai pas vu de cathédrales pour uniques montagnes, et de noirs clochers comme mâts de cocagne. En creusant ma balade dans la tendresse de l’été, j’ai eu cette surprise de caresser un canal. Pour
une fois celui-ci ne s’était ni perdu, ni pendu. Il y a des évidences qu’une chanson éternise.
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. J’ai quadrillé la ville pour remplir de ce qu’elle est dans ce que j’ai du, un instant, l’imaginer
en la nommant. Je ne sais pas pourquoi ces rues s’ouvrent devant moi une à une, je ne sais pas pourquoi la ville m’ouvre ses remparts de faubourgs, pour me laisser glisser fragile, sous la pluie
parmi mes amours. Et je me suis assis, quelque part que je ne sais pas nommer, sur une place vibrante d’air chaud où pas même ne paraît un chien. J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Comme un parfait inconnu qui n’a aucun bagage à poser mais seulement des chansons que j’aurais
pu chanter. Je suis passé devant le théâtre, dommage il était fermé. Mais il était trop tard, peut-être, aussi, pour chanter « Tas voulu voir Vierzon » comme une explication, à Vierzon.
Allez, on m’attend quelque part comme on attend le roi. Mais on ne m’attend point. Je sais depuis déjà que l’on meurt de hasard en allongeant le pas. J’ai
allongé le mien jusque dans les recoins où ma chanson a pu se glisser pour la remplir des souffles de cette ville que je ne connaissais pas. Car je peux bien le dire maintenant, je n’en
connaissais rien. Ni ses airs de sous-préfecture fêtant la sous-préfète, ni ses histoires murmurées, ni ce succès… un peu ma faute ou grâce à moi ? Allez, ce n’est pas que je
n’aime plus Vierzon que je le quitte, j’ai de la route jusqu’à Vesoul, Honfleur, Hambourg, Anvers et ses faubourgs. Et je dois passer voir Hortense, et voir Byzance, et la gare Saint Lazare.
Chauffe, chauffe, chauffe, Marcel.
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