A quand une place Jacques Brel...
à Vierzon.... ?
VierZoul
Vierzon (c'est le départ) ...Vesoul (c'est fait) ...Honfleur (c'est fait) ... Hambourg... AnversE (c'est fait)... Paris (c'est fait)... Dutronc... le mont Valérien... le Cantal... Byzance... Pigalle... la gare Saint-Lazare
à Vierzon.... ?
Lu sur le site Médiapart
(Je n’en savais rien et je m’en foutais à vrai dire, l’ami en question étant d’après mes critères moins sportif qu’analphabète car il a tendance à dire plus que de raison « j’ai été » à la place de « je suis allé » quand il s’agit de raconter ses souvenirs de vacances à Vierzon où il a encore de la famille malgré l’indigence culturelle de la ville et le prix du billet SNCF rédhibitoires).
Et bing ! Y aura-t-il un jour une justice à l'égard de Vierzon ? Ou la ville est-elle condamnée à servir de putching-ball à des chroniqueurs qui prononcent le nom de Vierzon, sans doute entendu ça et là pour différentes raisons, afin de définir le désert provincial et de caricaturer une sous-préfecture en mal d'affection notoire ?
Il y a un paradoxe étonnant dans l'évocation de Vierzon : régulièrement, et même de nombreuses fois,
la seconde ville du Cher est citée, pas toujours pour de bons exemples, mais elle est citée. Du coup, cette notoriété dont les origines sont obscures agit comme un contre-rendement : au lieu de
mettre en valeur les meilleurs atouts de cette ville, cette notoriété la plombe car elle est perpétuellement associée à des faits négatifs. Sauf que tout
l'été, des dizaines d'articles sont parus dans la presse régionale française, citant Vierzon dans le cadre de son patrimoine industriel et agricole, largement mis sous le boisseau, ici, à
Vierzon, comme s'il s'agissait d'une maladie honteuse.
Voilà donc, encore, de la part d'un site comme Médiapart, Vierzon écrasée sous le talon de "l'indigence cutlurelle", comme si, les livres, le cinéma, le théâtre, n'échouaient pas ici comme ailleurs. On espère que les chroniqueurs qui clouent au pilori cette ville le font en connaissance de cause, c'est-à-dire qu'ils sont venus voir. Un passé ouvrier, industriel, associé à une coloration politique omniprésente, qui agit, c'est vrai comme un étouffoir d'un côté et un repoussoir de l'autre, pourraient expliquer le peu de considération que suscite le nom de Vierzon. A moins que ce ne soit un pur effet de style, que sans le savoir, Vierzon est devenu autre chose qu'un nom de ville mais le synonyme "d'indigence culturelle".
La ville a toujours traîné ce boulet, mais il y a des raisons. De fausses raisons. Aujourd'hui, on se sert du nom de
la ville pour la railler. S'en moquer. Même si, des faits très objectifs permettent d'inverser cette courbe insidieuse. Les premiers à croire qu'en utilisant Vierzon dans une chanson célèbre
(celle de Jacques Brel, Vesoul, T'as voulu voir Vierzon....) furent les Vierzonnais eux-mêmes. Et encore aujourd'hui. Une sorte de paranoïa a gagné les habitants alors que ceux
de Vesoul, Honfleur, Anvers, villes citées au même titre et au même niveau que Vierzon dans la chanson, n'en sont pas traumatisés. Au contraire.
Faut-il croire que l'accès à la notoriété véhiculée par la chanson a dérangé les Vierzonnais dans leur repli sur
eux-mêmes ? Et qu'une chanson, grand succès populaire pourtant, contrecarrait les efforts politiques des dirigeants locaux de l'époque pour faire de Vierzon une ville à leur image et non pas à
l'image d'une chanson d'un chanteur qui plus est belge et sans attache avec la ville ? Une ville laborieuse, concentrée sur ses luttes sociales et son opposition au pouvoir en place. Alors pas le
temps pour une chanson, pas le temps de s'y intéresser pusique cela humanisait la ville et la mettait à la hauteur d'autres, comme Paris....
Du coup, à partir de ce moment-là, et dès lors que chacun, en France en entendant Vierzon, fredonnait et fredonne encore les paroles de la chanson de Brel, les Vierzonnais, du moins certains, ont un haut le coeur à l'idée que Vierzon soit associée à Brel. Pourtant, Vierzon avait l'habitude d'être citée, montrée en exemple, utilisée même comme un nom commun : les tracteurs Vierzon étaient et sont encore, gage de qualité. Pas besoin de Brel, finalement, pour que Vierzon soit sur de nombreuses lèvres.
Le tracteur s'appelle d'ailleurs un Vierzon. Or, la ville s'est délitée comme un château de cartes à cause de la chute de ses industries. Et contrairement à ce qu'affirment aujourd'hui, les dirigents locaux, de la même veine que ceux qui ont pris la ville en 1937 une première fois et en 1959 jusqu'en 1990, une seconde fois, c'est le terme "Vierzon la Rouge" qui a fait dévier sa réputation. Car ce terme est à double tranchant : bien sûr, l'esprit combatif est une qualité sauf lorsqu'il est poussé à son extrême, à sa caricature et finalement, Vierzon est devenue la caricature d'elle-même.
La politique exerce aussi toujours une énorme pression : quand la gauche communiste a perdu les manettes de la ville, en 1990 (jusqu'en 2008), elle a tout fait pour en reprendre possession. Y compris en invoquant un journal de gauche (Libération), pour faire un portrait dévastateur de cette cité. Mais ce que la gauche communiste et socialiste n'avait pas prévu, c'est qu'en caricaturant une ville qui n'était pas en son pouvoir, elle a scié la branche sur laquelle elle était assise, car les fondements de cette ville sont le résultat de sa politique antérieure.
Libération a présenté Vierzon comme une ville de personnes âgées, en ruines, sans travail, sans espoir. Or,
aujourd'hui, curieusement, Vierzon serait devenue prospère depuis mars 2008 ? On se souvient d'une campagne de publicité, dans les gares parisiennes, vantant Vierzon pourt son golf dix-huit trous
et d 'autres poncifs communs à des milliers de communes de France.
Jamais, la ville de Vierzon, avant 1990 et après, n'a souhaité faire sa promotion sur ses propres spécificités.
Parce qu'avant 2008, les dirigeants locaux n'en avaient pas conscience et que depuis mars 2008, les agissements sont devenus fixés par une ligne politique empêchant de s'écarter et que, par
principe, toute idée n'étant pas municipale est une mauvaise idée.
Or, qui peut prétendre avoir été chantée par Brel ? Qui peut prétendre avoir donné naissance à un tracteur qui s'appelle Vierzon ? Qui peut prétendre pouvoir capitaliser la sympathie de dizaines de milliers de passionnés et de collectionneurs ? Vierzon sera-t-elle connu un jour pour ses zones industrielles ? Son futur centre routier ? Son centre national de maintenances de grues ? Son Front de gauche ? Ses berges sur lesquelles on peut se promener ? Sa biennale du cirque ? La programmation de son théâtre ? Son festival des Estivales du canal ? Son nouveau giratoire de la place Gabriel Péri ? Apparemment, ces qualités sont imperméables à la notoriété de la ville puisque la récente chronique qualifie Vierzon d'indigente culturelle. (L'auteur de la chronique de Médiapart est peut-être tombé sur le spectacle d'Arthur en juillet....)
L'image de la ville était une très bonne image, jadis, tous siècles confondus. Sauf qu'à partir d'un
point de non retour, les vertus ouvrières, industrielles, ce foisonnement, ce savoir-faire qui faisait de cette cité, une cité prospère, ces compétences d'hommes et de femmes, ont été
instrumentalisés de façon politique et tout cet actif a été dévoyé. Toutes les belles choses du passé vierzonnais doivent répondre à des standards, jusqu'à bouder des évidences qui permettraient
à la ville de redorer son blason.
Evidemment, ce ne sera pas suffisant. Mais tant que rien ne sera fait dans ce sens, Vierzon sera toujours ringardisée, moquée, qualifiée de néant culturel. Et pourtant. La richesse de Vierzon est très loin des calculs politiques de ceux qui la dirigent et qui ne veulent surtout pas la perdre. Quitte à ne pas lui donner sa chance de s'exonérer de ses vieux travers.... Quand ce contrat-là sera rempli, c'est-à-dire quand l'étouffoir politique sera enfin levé, on pourra parler d'avenir.
Lu sur le site : Le Post.fr
.../... Alain Joyandet (maire de Vesoul) s'y connait en mandats.
Car bien qu'ayant renoncé (avec la main sur le cœur, l'air altier et innocent de l'agneau qui vient de naître) à son poste de
secrétaire d'état (mais il n'avait rien à se reprocher, on est d'accord), Alain Joyandet n'est pourtant pas à la rue politiquement.
D'après le site de l'assemblée nationale, il est toujours député UMP, membre de la commission des finances (je vous demande de vous
arrêtez de rire !), et maire de Vesoul, qu'on ira voir un jour, mais après Vierzon.../...
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours
Et je te le dis
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéeon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
T'as plus aimé Paris
Et on a quité Paris
T'as plus aimé Dutronc
Et on a quitté Dutronc
Maintenant je confonds ta sœur
Et le mont Valérien
De ce que je sais d'Hortense
J'irai plus dans l'Cantal
Et tant pis pour Byzance
Puisque j'ai vu Pigalle
Et la gare Saint-Lazare
C'est cher et ça fait mal
Au hasard
Et je te le redis chauffe Marcel
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens kaï kaï
Le voyage est fini
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon... chauffe... chauffe
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours ... Chauffez les gars
Mais mais je te le reredis ... Kaï
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Enfin ! La ville s’endormait et j’en oublie le nom. Mais non. On n’oublie rien, on n’oublie rien du tout, on n’oublie rien de rien, on s’habitue c’est tout. Ni ces départs, ni ces navires, ni ces voyages qui nous chavirent, de paysages en paysages et de visages en visages…
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. De près. De
l’intérieur. Pour mettre un contenu dans un nom propre, des arêtes et des toits autour d’une ville abstraite. Je suis arrivé mais pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi déjà et où aller,
n’ai-je jamais rien fait d’autres qu’arriver par la nationale 20. La route de mes tournées avait parfois le goût des chemins de traverse. Je ne sais pas pourquoi la route qui me pousse vers la
cité, a l’odeur froide des déroutes de peuplier en peuplier.
J’ai aperçu le panneau « Vierzon », avec ses lettres noires dans son rectangle blanc aux bords rouges. Et j’ai souri. Et j’ai pris conscience aussi
des conséquences de ma chanson, de ce quelle a permis de Vierzonner Vierzon, vous savez, comme Bruxelles bruxellait. J’ai suivi la route jusqu’à user sa pente, dans le centre de cette ville. Je
n’ai pas vu de cathédrales pour uniques montagnes, et de noirs clochers comme mâts de cocagne. En creusant ma balade dans la tendresse de l’été, j’ai eu cette surprise de caresser un canal. Pour
une fois celui-ci ne s’était ni perdu, ni pendu. Il y a des évidences qu’une chanson éternise.
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. J’ai quadrillé la ville pour remplir de ce qu’elle est dans ce que j’ai du, un instant, l’imaginer
en la nommant. Je ne sais pas pourquoi ces rues s’ouvrent devant moi une à une, je ne sais pas pourquoi la ville m’ouvre ses remparts de faubourgs, pour me laisser glisser fragile, sous la pluie
parmi mes amours. Et je me suis assis, quelque part que je ne sais pas nommer, sur une place vibrante d’air chaud où pas même ne paraît un chien. J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Comme un parfait inconnu qui n’a aucun bagage à poser mais seulement des chansons que j’aurais
pu chanter. Je suis passé devant le théâtre, dommage il était fermé. Mais il était trop tard, peut-être, aussi, pour chanter « Tas voulu voir Vierzon » comme une explication, à Vierzon.
Allez, on m’attend quelque part comme on attend le roi. Mais on ne m’attend point. Je sais depuis déjà que l’on meurt de hasard en allongeant le pas. J’ai
allongé le mien jusque dans les recoins où ma chanson a pu se glisser pour la remplir des souffles de cette ville que je ne connaissais pas. Car je peux bien le dire maintenant, je n’en
connaissais rien. Ni ses airs de sous-préfecture fêtant la sous-préfète, ni ses histoires murmurées, ni ce succès… un peu ma faute ou grâce à moi ? Allez, ce n’est pas que je
n’aime plus Vierzon que je le quitte, j’ai de la route jusqu’à Vesoul, Honfleur, Hambourg, Anvers et ses faubourgs. Et je dois passer voir Hortense, et voir Byzance, et la gare Saint Lazare.
Chauffe, chauffe, chauffe, Marcel.
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