A quand une place Jacques Brel...
à Vierzon.... ?
VierZoul
Vierzon (c'est le départ) ...Vesoul (c'est fait) ...Honfleur (c'est fait) ... Hambourg... AnversE (c'est fait)... Paris (c'est fait)... Dutronc... le mont Valérien... le Cantal... Byzance... Pigalle... la gare Saint-Lazare
à Vierzon.... ?
"On m'avait dit, tu voudras voir Vierzon, maintenant je peux dire que j'ai vu Vierzon." C’est un coup à renoncer à son cachet ça, de la part d’Arthur, le héros de TF1 et des Enfants de la télé, pour avoir, dans son spectacle aux Estivales du Canal, évoquer Brel à Vierzon ! Sacrilège ! Dans un spectacle payé par la municipalité en plus ! D’autant qu’il a eu l’audace d'ajouter, au moment des remerciements, avec plus de sérieux : "J'ai beaucoup entendu parler de Vierzon. J'ai entendu la chanson en boucle quand j'étais plus jeune dans ma famille".
Pas même besoin de préciser à quelle chanson Arthur faisait référence... Et si LE grand Arthur connaît la ville de Vierzon à travers LA chanson, (celle que l’on ne nomme plus, chut…) tout le monde la connaît aussi non ? Une preuve irréfutable de la notoriété de la ville grâce à cette chanson... Encore un témoignage non maîtrisé par la municipalité, sur l'image non exploitée d'une ville qui gagnerait beaucoup à jouer une partie de son image sur cet air d'accordéon... D’ailleurs, Marcel Azzola, invité aux Estivales du Canal de 2010 aurait-il jeté un sort brélien à la scène des Estivales avant de partir ? Une expertise est en cours… Mais le spremiers résultats indiquent que non : toujours pas de place Jacques-Brel, place de la gare.
Mercredi soir, le public avait pris le pli des Estivales du Canal, et s'était donné rendez-vous en masse pour voir le plus célèbre enfant de la télé de TF1 en "vrai". Voir Arthur sans allumer le poste et sans frais, ce n'est pas tous les jours ! Après qu'une municipalité anti-capitaliste, du moins tant que cela ne nuit pas à sa réélection, invite un de ses suppôts cathodiques, il y a des contradictions politiques que le besoin de faire plaisir à ses électeurs de gauche qui regardent aussi TF1 sait gommer !
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours
Et je te le dis
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéeon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
T'as plus aimé Paris
Et on a quité Paris
T'as plus aimé Dutronc
Et on a quitté Dutronc
Maintenant je confonds ta sœur
Et le mont Valérien
De ce que je sais d'Hortense
J'irai plus dans l'Cantal
Et tant pis pour Byzance
Puisque j'ai vu Pigalle
Et la gare Saint-Lazare
C'est cher et ça fait mal
Au hasard
Et je te le redis chauffe Marcel
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens kaï kaï
Le voyage est fini
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
T'as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon... chauffe... chauffe
T'as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T'as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T'as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T'as voulu voir Anvers
Et on n'a vu qu'ses faubourgs
Tu n'as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours ... Chauffez les gars
Mais mais je te le reredis ... Kaï
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens
J'irai pas à Paris
D'ailleurs j'ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l'accordéon
T'as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T'as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J'ai voulu voir ta sœur
J'ai vu le mont Valérien
T'as voulu voir Hortense
Elle était dans l'Cantal
J'ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J'ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Enfin ! La ville s’endormait et j’en oublie le nom. Mais non. On n’oublie rien, on n’oublie rien du tout, on n’oublie rien de rien, on s’habitue c’est tout. Ni ces départs, ni ces navires, ni ces voyages qui nous chavirent, de paysages en paysages et de visages en visages…
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. De près. De
l’intérieur. Pour mettre un contenu dans un nom propre, des arêtes et des toits autour d’une ville abstraite. Je suis arrivé mais pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi déjà et où aller,
n’ai-je jamais rien fait d’autres qu’arriver par la nationale 20. La route de mes tournées avait parfois le goût des chemins de traverse. Je ne sais pas pourquoi la route qui me pousse vers la
cité, a l’odeur froide des déroutes de peuplier en peuplier.
J’ai aperçu le panneau « Vierzon », avec ses lettres noires dans son rectangle blanc aux bords rouges. Et j’ai souri. Et j’ai pris conscience aussi
des conséquences de ma chanson, de ce quelle a permis de Vierzonner Vierzon, vous savez, comme Bruxelles bruxellait. J’ai suivi la route jusqu’à user sa pente, dans le centre de cette ville. Je
n’ai pas vu de cathédrales pour uniques montagnes, et de noirs clochers comme mâts de cocagne. En creusant ma balade dans la tendresse de l’été, j’ai eu cette surprise de caresser un canal. Pour
une fois celui-ci ne s’était ni perdu, ni pendu. Il y a des évidences qu’une chanson éternise.
J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. J’ai quadrillé la ville pour remplir de ce qu’elle est dans ce que j’ai du, un instant, l’imaginer
en la nommant. Je ne sais pas pourquoi ces rues s’ouvrent devant moi une à une, je ne sais pas pourquoi la ville m’ouvre ses remparts de faubourgs, pour me laisser glisser fragile, sous la pluie
parmi mes amours. Et je me suis assis, quelque part que je ne sais pas nommer, sur une place vibrante d’air chaud où pas même ne paraît un chien. J’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. Comme un parfait inconnu qui n’a aucun bagage à poser mais seulement des chansons que j’aurais
pu chanter. Je suis passé devant le théâtre, dommage il était fermé. Mais il était trop tard, peut-être, aussi, pour chanter « Tas voulu voir Vierzon » comme une explication, à Vierzon.
Allez, on m’attend quelque part comme on attend le roi. Mais on ne m’attend point. Je sais depuis déjà que l’on meurt de hasard en allongeant le pas. J’ai
allongé le mien jusque dans les recoins où ma chanson a pu se glisser pour la remplir des souffles de cette ville que je ne connaissais pas. Car je peux bien le dire maintenant, je n’en
connaissais rien. Ni ses airs de sous-préfecture fêtant la sous-préfète, ni ses histoires murmurées, ni ce succès… un peu ma faute ou grâce à moi ? Allez, ce n’est pas que je
n’aime plus Vierzon que je le quitte, j’ai de la route jusqu’à Vesoul, Honfleur, Hambourg, Anvers et ses faubourgs. Et je dois passer voir Hortense, et voir Byzance, et la gare Saint Lazare.
Chauffe, chauffe, chauffe, Marcel.
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